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Agriculture familiale

L’agriculture est-elle dans une mauvaise passe au Sénégal ?

Non, mais il y a comme qui dirait un gros problème si l’on jette un petit coup d’œil en arrière. Nous avons certes des statistiques qui démontrent des résultats probants pour notre secteur agricole, malgré tout, les sceptiques sont assez nombreux. A vrai dire, ces chiffres et les commentaires qui les accompagnent sont facilement démontables : on nous a construit un château de cartes en lieu et place des 15 briques pour construire la maison agricole africaine.

Un seul exemple suffit pour illustrer les performances record de notre agriculture : l’autosuffisance en riz. Il faut savoir que notre objectif de parvenir à l’autosuffisance date d’il y a 14 ans c.-à-d. en 2005. Nous voulions atteindre 1 000 000 tonnes de riz blanc, soit 1 500 000 tonnes de paddy  pour 13,5 millions d’habitants à l’horizon 2012 à travers le Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR 2008-2012). Ensuite, avec le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS 2014-2018), ce fut 1 600 000 tonnes de paddy pour 15,7 millions d’habitants.

Conclusion, 10 ans après et près de 600 milliards de FCFA d’investissement dans la filière riz, nous n’avons atteint qu’environ 750 000 tonnes de riz blanc : le PNAR est un échec cuisant et très douloureux à admettre.

On aura tout entendu, l’académicien nous avait servi comme justification que l’autosuffisance « théorique » a été atteint, maintenant, le mathématicien résume l’autosuffisance en riz à une question de disponibilité.

De toute façon, nous sommes en droit de nous poser la question, mais où va, comment est utilisé et qui sont ceux qui captent le financement de notre secteur agricole ? Rien qu’avec les versements en aide transférable pour l’agriculture entre 2012-2016, nous avons reçu près de 412 milliards de FCFA selon le rapport Chaire Sahel intitulé Analyse de l’aide accordée aux pays du Sahel. Il y a UN GROS PROBLÈME.

Il urge de régler définitivement le problème de la transparence et de l’équité dans les programmes agricoles de l’État, en priorité au niveau de la subvention des intrants et de la distribution du matériel agricole.

Il faut reconnaître au plus vite le métier d’agriculteur sinon nous allons encore perdre du temps et des milliards de dollars. Si nous jugeons les résultats de notre agriculture par rapport au potentiel existant, l’on se rend compte que nous sommes toujours au point mort.

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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