Vous lisez...
agrobusiness, Politique agricole

URGENT! L’agriculture sénégalaise au cœur de la présidentielle 2019

LIGGEEYAL ËLLËK, JITEUL SENEGAL D’ABORD, JAMM AK KHEWEUL mais avant tout JOTNA Li ñëp bokk, ñëp jot ci, vraiment. Voilà, l’amorce d’une politique d’inclusion sociale qui nous fait défaut depuis les indépendances. Aujourd’hui, que vaut l’expression « avoir des convictions politiques » ? RIEN DU TOUT, même la lionne de Podor n’a pas su résister à la toute-puissance du FRIC et du FLIC.

Où sont nos valeurs ? La fierté, la dignité, l’honneur, le mérite, etc. Et puis, j’entends qu’un novice en politique ne peut pas gérer le Sénégal ? Hey, on t-a dit un stagiaire !! Combien de stagiaires font mieux que leurs supérieurs alors qu’ils ne sont mêmes pas rémunérés pour ? En plus, je ne sais pas pour les autres secteurs mais en agriculture, nos partenaires étrangers nous imposent leurs retraités et leurs STAGIAIRES pour nous piloter. Ah bon!

Je m’abstiens de dire quelque chose sur ceux que Malcom X appelle « The House Negro », c’est un choix mais surtout un état d’esprit.

Parenthèse fermé.

Parmi les présidentiables, qui a le meilleur programme agricole ? La mesure phare pour l’agriculture du régime sortant est bien sûr le programme des agropoles. Ce que je pense des agropoles, un autre gouffre financier comme le PRODAC, réalisé sur fonds publics et qui va consacrer les businessmen de l’agro-alimentaire bénéficiant des exemptions fiscales, tarifaires et douanières et marginaliser les exploitations familiales. Citez-moi, depuis que la Banque Mondiale et la BAD ont commencé à promouvoir le modèle des agropoles en Afrique, un seul agropole qui est un modèle de réussite ? En plus, si la transition agro-écologique pour sécuriser l’alimentation des générations futures c’est uniquement la reforestation durable, on comprend mieux que le cap soit vers une industrialisation de l’agriculture.

Les données de l’Enquête Agricole Annuelle (EAA) 2017-2018 réalisée dans le cadre du Projet AGRIS, nous rappellent les caractéristiques de notre secteur agricole.

Parmi les chefs de ménages agricoles, seulement 3,8% ont moins de 30 ans, 27% ont entre 30-45 ans et 51,3% ont entre 46-65 ans. L’indice de remplacement générationnel qui le rapport entre le nombre d’exploitants âgés de moins de 35 ans sur le nombre d’exploitants de plus de 65 ans est de 3,7. Il y a donc 3 fois plus d’exploitations jeunes que d’exploitations âgées, d’où l’importance de faciliter les conditions d’accès à la terre pour les jeunes. A Kaffrine, les exploitations jeunes sont 9 fois plus nombreux, 8 fois plus à Kaolack, 6 à Tamba, 5 à Diourbel et 5 à Sédhiou.

Pour le niveau scolaire, 77,9% des chefs de ménages sont sans niveau et 11,5% se sont arrêtés à l’élémentaire. Le ménage compte en moyenne 9 individus et au moins 4 actifs membres du ménage constituent la main d’œuvre familiale.

La superficie moyenne possédée par un ménage agricole est de 2,7 Ha pour les hommes et de 1,4 Ha pour les femmes. Notons que 77% des ménages qui pratiquent l’horticulture (sensé être la plus rentable) ont des parcelles de moins de 0,5 Ha. Notre secteur agricole, c’est aussi 83,7% des ménages agricoles qui détiennent des terres sans document, 4,8% d’exploitants qui participent à une coopérative agricole et 9,1% qui sont dans une coopérative de production. Mesures phares du PASTEF : permettre aux paysans d’avoir «des baux et des titres fonciers et  la mise en place de coopératives agricoles, et j’ajoute des coopératives agricoles d’intérêts économiques.

Pour les ventes en produits agricoles déclarées c’est un revenu moyen national de 219 709 FCFA par campagne pour l’arachide, devant les revenus tirés du riz qui se chiffrent à 115 402 FCFA et le maïs 80 695 FCFA.

Ça, c’est le bilan de l’agriculture sénégalaise, une fois qu’on a pris en compte les réalisations futuristes. Voilà le vrai visage de notre agriculture qu’on essaye de nous cacher. C’est écrit noir sur blanc dans un rapport officiel.

Pour en revenir aux différentes propositions des candidats, les patriotes du PASTEF innovent en promettant de lancer un grand projet de construction de barrages anti-sel et de petites infrastructures anti-sel, de réaliser Canal du Cayor, du Canal du Baol et de relancer du projet de revitalisation des vallées fossiles. L’impact social est certain puisqu’il s’agit de généralisation de la maîtrise de l’eau pour les agriculteurs.  La gouvernance des  subventions  agricoles  sera révisée pour plus d’efficacité et d’efficience et des lignes de crédit seront promues pour l’équipement des exploitations familiales en plus des crédits de campagne.

A lire : SOLUTIONS du PASTEF pour développer l’agriculture au Sénégal

Les candidats Madické Niang et Issa Sall misent eux sur la mise en place de pôles techniques régionaux (Office de Développement Rural du candidat Idrissa Seck), je ne vois aucune innovation majeure.

Le candidat de Rewmi a aussi promis du lourd en voulant redonner à  l’agriculture  familiale  sa  place prépondérante. Il veut leur donner  la  possibilité d’accès à la propriété foncière et aux sources de financement des projets immobiliers et agricoles aux familles, aux femmes et aux jeunes. De même, la  mise  en  œuvre  d’une  stratégie  de régénération  et  de  fertilisation  des  sols dégradés  pour  favoriser  l’extension  des surfaces  cultivables  et  une  amélioration  des rendements des cultures est très pertinente.

Idrissa Seck compte aussi aménager et équiper 120 000 petites fermes qui vont pratiquer une agriculture écologiquement durable,  économiquement  rentable  et socialement soutenable. Je souligne que la politique de mise en place des fermes agricoles a montré ses limites dans le sens où elle est difficilement finançable sur fonds publics. Il compte aussi promouvoir l’agriculture biologique  pour mieux lutter contre l’effet négatif des engrais chimiques et des pesticides  qui  dégradent les sols et polluent les nappes d’eau. C’est un peu paradoxal, puisqu’il compte en même temps mettre à la disposition des petits exploitants agricoles  715 119  tonnes  d’engrais  par l’installation  de  6  unités  régionales  de fabrication d’engrais composé pour chaque type de sol.

Voilà les propositions les plus pertinentes que j’ai pues lire. Disons qu’il va être très difficile pour les candidats une fois élus de s’y tenir. Espérons qu’au soir du 24 février, le vent du changement va souffler. Que le meilleur gagne.

 

Publicités

À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

Discussion

Pas encore de commentaire.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Entrez votre adresse e-mail pour souscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par email.

Rejoignez 914 autres abonnés

Stats du Site

  • 32 781 visites

Suivez-moi sur Twitter

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :