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Filière avicole au Sénégal, apprêtons-nous pour l’ouverture des frontières

Pourrons-nous indéfiniment maintenir nos frontières fermées ? On dirait bien que les dernières annonces faites dans les médias par les pouvoirs publics sonnent comme un ballon sonde. Au Sénégal, les politiques aiment bien attiser le feu et ensuite jouer les pompiers. Dans le cas contraire, aurait-t-on affaire à des amateurs ? Nooonnn.

Sur arrêté interministériel du 24-11-2005, l’interdiction d’importation des produits et matériels avicoles sur dispositions de l’article XX.b du GATT porte sur 1) les volailles vivantes, y compris les poussins d’un jour chair et ponte ; 2) les viandes de volailles et les découpes de volailles ; 3) les œufs frais et ovo produits destinés à la consommation ; 4) le matériel d’exploitation avicole usagé.

L’OMC a ses règles que nous devons respecter. La propagation de la grippe aviaire et le principe de précaution nous ont permis de prendre des mesures pour sauvegarder notre filière avicole. Rappelons que nos aviculteurs ont beaucoup souffert des importations en masse de cuisses de poulet entre 2001 et 2004. La réduction des droits de douane sur les importations de 60% à 20% suite à l’entrée en vigueur du TEC UEMOA en 2000 en est la cause.

Les pays exportateurs de volaille doivent beaucoup nous mettre la pression étant donné qu’il semble n’y avoir plus aucune raison au maintien des barrières sanitaires. Ils doivent aussi être au courant que notre secteur avicole est encore loin d’être compétitif. Les médias disent bien que la mesure d’interdiction d’importation courraient jusqu’en 2020. Qu’en dit le Ministère du commerce ?

Une ouverture des frontières pourrait mettre en péril notre secteur avicole qui en 2016 aurait réalisé un chiffre d’affaire annuel de plus de 160 milliards de FCFA. Beaucoup d’emplois seront menacés ?? Je rappelle que les importateurs sont aussi des sénégalais. En cas d’ouverture des frontières, on espère que ceux qui ont beaucoup gagné vont faire des concessions afin de permettre de sauvegarder des emplois.

En 2016, la production de viande de volaille pesait 36% de la production nationale de la viande toutes espèces confondues. Le secteur avicole joue donc un rôle majeur dans la lutte contre la malnutrition. De la protéine animale à un prix abordable pour les ménages vulnérables, je ne suis pas contre.

Le moment venu, il va falloir assumer. Arrêtons de faire du consommer local, un slogan. L’ANSD confirme que depuis l’arrêt des importations de volaille en 2006, le poids de la volaille traditionnelle dans la filière avicole est passé de 74,6% en 2006 à 43,6% en 2015. Pour la volaille industrielle, on est passé de 18 millions de têtes à 34 millions, entre 2010 et 2015.

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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