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Filière lait

Filière lait au Sénégal, les racines du mal

Voilà un titre bien négatif, j’aurais bien pu dire « les racines de l’espoir » puisqu’avec l’exonération de la TVA (si elle est effective), on peut espérer une revalorisation des prix du litre de lait payés aux éleveurs (de toute façon, seuls les éleveurs pourront nous y édifier). Comment redresser le secteur du lait local ? Approche filière ou chaîne de valeur ?

Mais qui a dit que les éleveurs étaient dans la précarité ? Est-on réellement en face de cas sociaux ? Si je me rappelle bien en 2016, ils avaient offert quelques 600 bœufs au Président de la République en marge de la célébration de la 3ième édition de l’élevage. S’il est question de près de 54 000 ménages qui seraient concernés par l’élevage de bovin au Sénégal, on peut parier sur le fait qu’il n’y ait pas plus de cas sociaux au niveau du système pastoral que du système agropastoral. Vous voyez bien qu’il y a des arguments assez simplistes qui peuvent aider à comprendre la faiblesse des investissements publics dans le secteur et le peu de médiatisation.

Et si la vérité était ailleurs. Les sénégalais ne sont pas de gros consommateurs de lait, la preuve, la consommation de lait par habitant se situe entre 30 et 40 EqL/an. Un coup d’œil jeté sur l’évolution de la structure de la consommation alimentaire montre bien qu’on est dans une tendance baissière de la part des dépenses de consommation en lait et produits laitiers dans le budget alimentaire des ménages. En effet, pour le poste « Lait, from. Œufs », on est passé de 4,8% en 1995 (ESAM 1) à 4,5% en 2004 (ESAM 2).

La faiblesse du pouvoir d’achat influe pour beaucoup sur le niveau de consommation de lait au Sénégal et donc sur le type de lait consommé (le lait en poudre est très prisé). Les résultats de l’ENSAS de 2016 sur la fréquence de consommation des différents groupes alimentaires, révèle que 37% des enquêtés n’ont pas consommé de laits/produits laitiers, 22% entre 1 à 4 fois et 41% entre 5 à 7 fois au cours des 7 derniers jours précédant l’enquête. On peut donc en déduire qu’il semblerait que le lait ne soit pas une denrée de première nécessité.

Pour consommer plus, nous faut-il produire plus ? Les efforts pour l’amélioration du potentiel génétique des races doivent être poursuivis pour augmenter les performances des vaches laitières qui produisent entre 1 à 3 litres de lait par jour. Il est aussi bon de souligner qu’une grosse partie du lait produit est autoconsommée (35 à 60% environ).

L’alimentation du bétail est aussi un élément crucial qui participe à l’augmentation de la production de lait. Les aliments de bétail coûtent très chers et les cultures fourragères ne sont pas encore généralisées. Il faut dire que la politique agricole actuelle est à l’extension des surfaces exploitables au grand dam des éleveurs, bonjour les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Dur dur, d’égrener le chapelet à problèmes de la filière lait au Sénégal, il faut bien commencer quelque part, malheureusement on dirait que la suite est bien meilleure.

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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