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chaîne de valeur arachide, Chaine de valeur oignon, Chaine de valeur riz, Développement Rural, Politique agricole

La campagne agricole 2017-2018 au Sénégal est une réussite, enfin, presque !

C’est une campagne agricole de tous les records en termes de production pour les cultures céréalières, pour notre arachide nationale et notre secteur horticole. Et cela justifie bien un financement de 50 milliards de FCFA pour la prochaine campagne. En effet, selon le dernier rapport de la Banque Mondiale (BM), on est maintenant sûr que l’augmentation de la production agricole est plus liée à une utilisation accrue des intrants qu’à une augmentation de la productivité.

La riziculture en 2017 a connu un bond phénoménal, +34% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. Ce qui est un peu inquiétant, c’est la baisse de 14% observée au niveau des rendements. Quant à la généralisation de la riziculture à travers les zones agroécologiques, on peut être optimiste étant donné que le bassin arachidier pèse pour 6% de la production rizicole en 2017 contre 45% pour le Nord et 49% pour le Sud.

Quant au sous-secteur de l’horticulture (fruits et légumes), en terme de volume, la production a crû de près de 38% entre 2014 et 2017. Cependant, pour les exportations de produits horticoles en volume, le taux de croissance n’a été que de 14% entre 2014 et 2017. Soulignons que nos importations en produits horticoles ne se sont pas pour autant réduites et qu’elles sont toujours 3 fois plus importantes que nos quantités exportées.

Pour l’arachide, on est pour le moment condamné à faire dans le social et les difficultés récurrentes au niveau des campagnes de commercialisation en témoignent. Malgré le niveau de production atteint, il faut accepter que la gestion de cette filière qui va à tâtons est désastreuse.

Flatté par les résultats de cette campagne hors norme, on en oublierait que le plus important dans ce bilan reste tout de même les effets quant à l’amélioration du niveau de revenu des producteurs voire même la création d’emploi. Là, je me pose juste la question du gain en revenu réel avec comme référence des rendements de 70 000 FCFA/Ha pour le Bassin arachidier, 860 000 FCFA/Ha pour les Niayes et 440 000 FCFA/Ha pour le Delta (OCDE, 2018). Pour ce qui est du niveau d’emploi, je reste très pessimiste vu que le taux d’emploi en milieu rural pour le 4ième trimestre de 2017 est de 32,9% (ANSD).

Pour terminer, je suis très surpris lorsque je lis dans le rapport de la BM que le coût de la création de richesse dans l’agriculture par l’Etat du Sénégal serait passé de 5% au début des années 2000 à environ 19% en 2015. On a donc un problème d’efficience et d’efficacité des dépenses publiques consacrées à l’agriculture.

L’Etat dépense beaucoup dans le domaine agricole pour peu de valeur ajoutée. La question est de savoir pourquoi ? On dirait bien que la nouvelle politique dont on parle, c’est bien une politique sociale. Il y a-t-il une autre alternative ?

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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