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Autosuffisance alimentaire, Développement Rural, General, Politique agricole

Insécurité alimentaire au Sénégal, y a-t-il un business de la faim ?

Si c’est le cas, c’est tout simplement horrible. Il y a 8 mois, la SECNSA parlait de 42 000 ménages (350 000 personnes) issus de Matam, Kanel, Goudiry, Tamba, Bambey et Malem Hodar qui étaient « touchés » par l’insécurité alimentaire. Aujourd’hui, c’est 30 000 ménages (245 000 personnes) qui « risquent d’être » en situation alimentaire « difficile ». Vraiment, je ne comprends toujours pas. C’est quoi ? De la communication !!!

En 2016, l’ancien SECNSA estimait que 484 480 personnes, réparties dans six régions (Tambacounda, Kédougou, Kolda, Matam, Sédhiou, Ziguinchor et un département (Podor), étaient en situation d’insécurité alimentaire. C’est donc du déjà vu et du déjà entendu. Qu’est ce qui a changé entre-temps ? Qu’est ce qu’on essaye de vendre ? Pourtant, on a eu une campagne agricole extraordinaire en termes de production agricole, surtout céréalière et selon le rapport bilan alimentaire 2017, le taux de couverture des besoins céréaliers est passé de 33,7% à 64,2%. Où se situe donc le problème ?

D’après la FAO, 400 milliards de Fcfa ont été dépensés en 11 ans (2005 à 2016) en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Figurez-vous aussi que le Programme National de Bourse de Sécurité Alimentaire (PNSBF 2013-2017) devait toucher 300 000 ménages à raison d’une bourse de 100 000 Fcfa/an soit près de 30 milliards de nos francs. J’allais oublier, le Registre National Unique des ménages (RNU) où 450 000 familles (4,5 millions de personnes) sont répertoriées depuis 2015 et qui était censé réduire les inégalités sociales. Les changements climatiques ont-ils réduit tous nos efforts à néant ?

Je crois que l’on sait très bien là où le bât blesse. L’ENSAS 2016 confirme que 61% des ménages au Sénégal éprouvent des difficultés liés à un manque de revenu (45,4% en milieu rural) et 27,8% des ménages se plaignent d’une récolte agricole insuffisante (46,6% en milieu rural). En sachant que les sources de revenu des ménages proviennent principalement des produits agricoles (25%) et du commerce (18%), on se doute bien que les chocs les plus accablants subis sont : la hausse des prix des denrées alimentaires (37,3% des ménages), la baisse des prix des produits agricoles (20,1% des ménages) et la hausse des prix des intrants (19,5%).

Outre les difficultés liées à la pression démographique, l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages agricoles semble être un axe stratégique dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Étant donné que l’apport végétal représente près de 91,8% des disponibilités énergétiques alimentaires au Sénégal, on comprend mieux pourquoi le sous-secteur de l’agriculture soit si important. Espérons seulement que les 630 milliards du PNSAR (2018-2022) serviront à quelque chose.

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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