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Politique agricole

L’agriculture du Sénégal à l’épreuve des vérités scientifiques

Une certitude, tant qu’on continuera de politiser notre agriculture, l’émergence dont on parle se résumera uniquement à un simple slogan. Même si les arbitrages entre vérités politiques et vérités scientifiques sont difficiles à faire, le discours doit être le même car il fait office de ligne directrice pour notre politique agricole.
Que faire pour que le Sénégal nourrisse le Sénégal ? Notre ministre de l’Agriculture y a répondu en tant qu’académicien et chercheur en énonçant 15 briques pour construire notre maison agricole. https://www.youtube.com/watch?v=8qpvLdhPXmc&feature=youtu.be

Nous voulons faire de notre agriculture un business pour rompre avec son caractère social et en faire un secteur économique dynamique avec obligation de résultat. Mais comment ? Bien que le secteur agricole soit actuellement porteur de notre croissance, 73,8% des ménages agricoles qui résident en milieu rural (RPGHAE 2013) et consacrent près de 68% de leurs dépenses annuelles à l’alimentation (ENSAS 2016). Il est d’autant plus difficile de rompre avec la dimension sociale de l’agriculture que 25% des sources de revenus des ménages proviennent de la vente des produits agricoles (60%, dans le bassin arachidier).

Du point de vue de la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, on concède souvent à l’Etat d’outrepasser ses fonctions régaliennes pour encadrer la fixation des prix et la commercialisation pour les denrées de première nécessité. Avec une demande en produits agricoles inélastiques par rapport au prix (effet King), il faut nécessairement subventionner et quid de la transparence et de l’équité dans le ciblage des financements et de l’octroi des subventions ?

Comment faire fi des considérations politiques face aux enjeux du foncier ? Il faut bien reconnaître que les mécanismes d’accaparement pernicieux des terres agricoles obéissent à des intérêts élitistes mais reposent aussi sur les capacités productives d’un secteur privé fort (étranger, certes).

Pourtant, nous sommes d’accord qu’augmenter la production n’est pas une condition nécessaire et suffisante pour résoudre les problèmes de consommation. La production doit être orientée par le marché et doit être bien conservée. Mais, il faut pouvoir comparer les chiffres de la production, des records de production ont été battus et c’est un argument politique fort même si les pertes post-récoltes sont importantes.

Pour finir, l’aveu que seulement 30% des problèmes de notre agriculture soit le fait des producteurs, témoigne du niveau d’asservissement politique de cette dernière.

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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