Vous lisez...
chaîne de valeur arachide

Peut-on s’affranchir de la culture de l’arachide au Sénégal ?

Parler de la filière arachide au Sénégal, c’est aussi évoquer les subventions à outrance, le clientélisme, les malversations, la spéculation sur les prix, etc. Le secteur arachidier est en crise et il s’agit bien d’une crise structurelle accentuée par moment par la conjoncture économique mondiale. Malgré cette situation persistante, l’Etat du Sénégal cherche par tous les moyens à relancer la filière dont le caractère rentier prime et crée assez souvent une logique de ‘‘prédation’’.

Pourquoi les pouvoirs publics s’accrochent tant à cette filière qui générait près de 60 % du PIB agricole à l’indépendance et 80 % des recettes d’exportation du pays (MAER, 2014) et dont la part dans les recettes d’exportation a fortement chutée, passant de 98 % en 1970 à 6,5% en 2001 (Rural structure, 2006) ? Essaye-t-on de sauvegarder les intérêts des principaux rentiers ?

En réalité, l’activité agricole dans le bassin arachidier est très déterminante dans la lutte contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Cette zone agro-écologique comprend une partie des régions de Louga, Thiès, Tambacounda, et la totalité des régions de Diourbel, Fatick, Kaolack et Kaffrine. Elle couvre donc environ 30% de la superficie géographique nationale.

La culture de l’arachide ne touche pas moins de 58,2% des ménages agricoles au Sénégal soit environ 439 720 ménages (RGPHAE, 2013). Entre 2010 et 2017, elle a été cultivée sur près de 988 866 hectares pour une production moyenne de 860 225 tonnes (ANSD). Sur les 7 dernières années, Kaffrine a produit en moyenne 184 476 t d’arachides, suivent Kaolack et Fatick avec près 120 400 t par région, Louga avec une moyenne de 92 119 t et enfin Diourbel, Thiès, Kolda et Tambacounda avec une moyenne de 66 219 t par région.

Grossièrement, la culture d’arachide occupe 70% de la population du bassin arachidier et procure 35% des revenus agricoles dans le monde rural (MAER, 2014). Et là, on y comptabilise certainement l’ensemble des activités connexes surtout celles du sous-secteur de la transformation dominé par des huileries industrielles qui génèrent énormément d’emplois permanents et saisonniers.

Il y a donc urgence à trouver une solution durable pour la filière arachidière. Et si le problème se situait dans la transparence et la fiabilité des données chiffrées du secteur arachidier ?
A suivre…

Publicités

À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Entrez votre adresse e-mail pour souscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par email.

Rejoignez 833 autres abonnés

Stats du Site

  • 24 828 visites

Suivez-moi sur Twitter

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :