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Développement Rural

Subventions aux intrants agricoles au Sénégal : quel effet sur le revenu des producteurs ?

Avec 27 milliards de FCFA de subventions aux intrants agricoles prévues dans le budget 2018 et déjà près de 32 milliards de FCFA déjà engagés lors de la campagne précédente, l’Etat du Sénégal poursuit sa politique de soutien à la productivité en faveur du secteur agricole. L’objectif est tout simple, améliorer la compétitivité et le merchandising des produits locaux par la réduction des coûts de production et ainsi permettre de réduire la variabilité observée sur le revenu des producteurs les plus vulnérables. Mais qu’en est-il de l’effet réel de cette aide sur la productivité et sur le revenu des petits exploitants ?

L’étude réalisée par l’Initiative Prospective Agricole Rural (IPAR) relative aux controverses et réalités des subventions des intrants agricoles au Sénégal révèle que la région de Kaolack absorbe près de 24,3% du total des intrants subventionnés (41% en engrais; 35% en produits phytosanitaires ; 11% de semences et 28% en matériel agricole), suivi de la région Diourbel et Thiès avec respectivement 14% et 10,4%. Cette situation peut être justifiée par le fait que le bassin arachidier regroupe environ 57% des terres cultivables et polarise la plupart des régions productrices de céréales en l’occurrence les régions de Kaffrine, Kaolack, Fatick, et Diourbel.

Malheureusement, on note sur les 7 dernières années seulement un gain annuel moyen en productivité de 1% pour les cultures céréalières (riz, sorgho, maïs, mil) et de 4% pour les cultures industrielles (arachide, niébé) : on se rend bien compte du peu d’effet qu’ont les subventions aux intrants sur les rendements.

Déjà en 2013, lors de la 13ième édition de son Point Economique la DPEE affirmait au terme d’une étude réalisée dans la Vallée du Fleuve Sénégal (VFS) que les subventions à l’engrais n’avaient pas contribué à améliorer de façon significative la productivité agricole en termes d’efficacité technique et allocative et qu’en plus la subvention n’apparaissait pas comme un discriminant significatif en termes de productivité quel que soit le niveau de couverture du prix de l’engrais. Et l’on comprend mieux si l’on sait que dans la VFS, la subvention aux intrants ne couvre que 6% des charges de campagne pour le riz et uniquement 3% pour les cultures maraîchères.

Tout le monde est d’accord que la subvention politique des engrais doit être repensée pour davantage d’efficacité et d’efficience. Il faudra surtout garantir une transparence dans la distribution des intrants au risque d’influer négativement sur la disponibilité des intrants et occasionner des retards au niveau des calendriers culturaux.

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Agroéconomiste/Financier

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