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Développement Rural

Quelle place pour les organisations interprofessionnelles paysannes (OIP) du Sénégal dans le renouveau des filières agricoles ?

Les organisations paysannes du Sénégal sont à un tournant éminemment stratégique de leur trajectoire de professionnalisation car jamais elles n’ont été aussi impliquées dans le processus d’élaboration et de concertation sur les nouvelles orientations de la politique agricole qui nous mèneront peut-être vers l’émergence. Les OIP qui sont maintenant mieux organisées et structurées, jouent admirablement leur rôle de plaidoyer pour le développement et la régulation des filières agricoles.

La Loi d’Orientation Agro-Sylvo-Pastoral (LOASP) va plus loin en son article 26 et donne aux OIP la possibilité d’étendre leurs prérogatives si elles contribuent positivement à la connaissance de l’offre et de la demande, à l’adaptation et à la régularisation de l’offre, à la qualité des produits et enfin à la promotion des produits agricoles sur les marchés intérieur et extérieur.

Actuellement, les OIP sont contraints par la mondialisation des échanges commerciaux, à exiger davantage de mesures protectionnistes (gel des importations, quota, etc.) et ainsi à surprotéger les intérêts économiques des acteurs des filières, ce qui est tout à fait légitime d’ailleurs. Malheureusement, cette surprotection a une influence négative sur la politique qualité des produits agricoles locaux mis en marché. Cette situation occasionne une grande volatilité des prix au niveau des marchés urbains et ruraux, où le consommateur déjà confronté à une dégradation de son pouvoir d’achat paye plus cher un produit qu’il juge de qualité moindre.

L’inexistence de statistiques fiables sur les productions agricoles et de systèmes performants d’information sur les marchés au sein des OIP est un lourd inconvénient, surtout lors des processus de concertation car il conditionne souvent des arbitrages approximatifs de la part des autorités publics de contrôle et de régulation. Le manque de spécialisation des acteurs et les difficultés notées dans la gouvernance interne des OIP (manque de moyens financiers, renouvellement des instances, communication insuffisante, etc.) sont autant d’éléments qui limitent l’impact de leurs actions qui semblent se résumer à la gestion des intrants subventionnés.

Néanmoins, il y a des problématiques plus urgentes telles que la participation et la place des agro-industriels au sein des filières surtout en rapport avec la commercialisation de leurs produits et surtout les nombreuses questions que suscitent la répartition des quotas d’intrants subventionnés car il faut bien le rappeler les OIP sont aussi comptables au même titre que les autorités publiques des mauvaises performances de l’agriculture sénégalaise.

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À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

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