Vous lisez...
Développement Rural

L’agriculture au Sénégal : quel bilan tirer en 2017 ?

Avec une contribution estimée à 2,5 points de pourcentage pour un taux de croissance annoncée à 6,6% en variation annuelle pour 2016, le secteur primaire dominé par l’agriculture est actuellement le moteur de la croissance au Sénégal. Effectivement, la croissance du sous-secteur agricole au Sénégal est estimée à 10,5% en 2015 contre 4,7% en 2014 et les statistiques de l’ANSD pour la campagne agricole 2016-2017 parlent d’elle –même : 2 247 094 t de céréales produites (contre 1 454 693 t en moyenne sur les 5 dernières années) dont 950 779 t de riz (contre une moyenne de 555 399 t sur les 5 dernières années), 945 365 t d’arachide huilerie contre 723 385 t en moyenne sur les 5 dernières années (ANSD), pour ne citer que cela.

Cependant la croissance en volume de la production végétale n’est pas le seul indicateur de performance de l’agriculture. Selon l’OCDE, comme autres indicateurs déterminants, on peut apprécier le poids relatif du secteur dans le PIB, le taux de croissance de la productivité totale des facteurs, la part de l’emploi agricole dans l’emploi total et la situation des prix des produits de base. Malheureusement sur ces points précis, l’agriculture sénégalaise est largement en sa défaveur.

Certains indicateurs de performance de l’agriculture sont surprenants

Selon la note d’information 2017 de l’UMOA-titres, le poids relatif du secteur primaire en 2016 s’affiche à 14,4% du PIB contre 15,5% en 2015. Notons qu’en 2005 et 2010, on était déjà respectivement à 14,6 % et à 15,3% de PIB. Concernant le secteur de l’agriculture, son poids moyen sur les 10 dernières années s’établit à 7,24% du PIB et affiche un taux de croissance annuel de 1,06% (2005-2016).

Il s’agit aussi d’un secteur qui regroupe uniquement 8% des employés rémunérés et 18,7% des employeurs/indépendants. Il faut savoir que la plus grande proportion de la population occupée dans le secteur agricole est constituée par des aides familiaux qui sont à 72,6 % des ouvriers agricoles dont les 84,6% n’ont aucun niveau d’éducation formelle (ENES, 2015). Que dire alors de la productivité du travail agricole, sinon qu’elle est très faible.

En définitive, pour émerger il nous faut générer de la croissance agricole en augmentant en priorité la consommation des produits agricoles locaux. Néanmoins, la variation annuelle de l’indice nationale des prix à la consommation des produits alimentaires qui s’affiche à 1,41% (2012-2016) peut freiner les efforts consentis à travers une baisse de la compétitivité de nos produits et du pouvoir d’achat des consommateurs.

Publicités

À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier, conseiller en entreprise agricole

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Entrez votre adresse e-mail pour souscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par email.

Rejoignez 721 autres abonnés

Stats du Site

  • 21,236 visites

Suivez-moi sur Twitter

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :