Vous lisez...
Chaine de valeur riz

Un système officiel de commercialisation pour le riz local sénégalais

Riz de la valléeDes achats institutionnels prévisibles, une double contractualisation (back to back contracts) et un système normé de gestion de la qualité peuvent être les leviers de la mise en place d’un système officiel de commercialisation du riz local. La professionnalisation des acteurs de la chaîne de valeur et leur spécialisation sera aussi très important.

Mieux produire pour mieux vendre ou mieux vendre  pour produire plus? Quelle stratégie adopter avec un objectif de 1 600 000 tonnes de paddy, soit 1 080 000 tonnes de riz blanc attendu à l’horizon 2017 pour l’autosuffisance en riz ? On est en droit de se poser des questions: Comment et qui va produire tout ce riz? Où va-t-on le stocker? Comment va-t-on le transformer et surtout comment le commercialiser ?
Avec une politique agricole qui penche davantage vers l’agro-business, le « produire pour commercialiser » tend à prendre le pas sur le « produire et commercialiser ». Quoi qu’il en soit un arbitrage sera à faire par nos pouvoirs publics entre producteurs/consommateurs et petits producteurs/agro-industriels, le tout dans un contexte de sauvegarde de la sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables en l’occurrence les exploitations agricoles familiales.

La production nationale progresse, selon les sources officielles, 630 654 tonnes de paddy ont été produites  en 2012 (plus de 30% par rapport à 2011) pour une superficie de 135 129 ha (plus 19% par rapport à l’année 2011 ) et un rendement de 4,6 t/ha. Pourtant dans le même temps les importations augmentent de +12% en 2012. Selon les données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la démographie (ANSD), la valeur CAF des importations de riz en 2012 s’élèvent à 207,6 milliards de Fcfa (918 898 tonnes en poids net) soit une augmentation de 15,38% par rapport à l’année 2011.

Commercialiser le riz local n’est pas simple

Qualité et prix rémunérateur, voilà des mots qui résument en partie les problèmes liés à la commercialisation du riz local. Résoudre ces problèmes, c’est lever les contraintes liés au financement de la chaîne de valeur qui conditionne la régularité de l’approvisionnement en quantité et en qualité des marchés urbains. En effet, dans un environnement économique caractérisé par l’instabilité des prix du riz, l’enjeu majeur de la commercialisation du riz se résume plus à trouver un débouché pour le riz blanc que pour le riz paddy.

Une contractualisation basée sur les besoins exprimés par le consommateur peut favoriser cet état de fait. Actuellement elle est très poussive, car certains acteurs sont présents sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur et que le manque de débouché sûr pour le riz blanc complique la concertation sur les prix.

Il faut un système officiel de commercialisation pour le riz local

Un système officiel sous-entend un acheteur officiel qui puisse promouvoir et commercialiser le riz sénégalais en contractualisant pour l’achat de riz blanc auprès des collecteurs-transformateurs à un prix concerté et suivant un cahier de charges bien précis. Cet acheteur doit aussi se donner les moyens financiers de mener une campagne marketing soutenue et de grande ampleur du riz sénégalais labellisé “Riz de la Vallée”. D’autre part il doit sécuriser et stabiliser la mise en marché du riz sénégalais en prenant une part de marché des importations équivalent au stock de régulation.
La Société de Promotion et de Commercialisation du Riz Sénégalais (SPCRS) dont c’est en partie l’objet social,  peut jouer ce rôle. En effet, “Une régulation des prix, fondée sur des achats institutionnels prévisibles, avec des objectifs de prix et de volume d’achats connus publiquement, favoriserait une stabilité des marchés” Patricio Mendez del Villar, Jean Martin Bauer, 2013.

Une double contractualisation « back to back contracts » basée sur les besoins exprimés des consommateurs peut servir de levier à ce système. Cette contractualisation se fera à deux niveaux, un contrat de vente entre le collecteur-transformateur et le commerçants-grossistes et un autre contrat adossé au premier entre le collecteur-transformateur  et les producteurs.

Et enfin pour compléter ce schéma, un système normalisé de gestion de la qualité doit être mis en place pour assurer le contrôle qualité et veiller au bon respect des contrats et des délais de réalisation des transactions.

Publicités

À propos de lavoixdelavallee

Agroéconomiste/Financier

Discussion

5 réflexions sur “Un système officiel de commercialisation pour le riz local sénégalais

  1. Bonjour ,

    Nous sommes une entreprise dénommé AGRIPO , nous sommes fournisseur de machines agricoles , avant récolte , de récolte et poste récolte . Nous avons des décortiqueuses et blanchisseuses du riz paddy , des décortiqueuses et égreneuse de mais , des batteuses d’arachides, des moulins à céréales , des batteuses d’arachides….et même des tracteurs . En gros nous fournissons des machines aux gros producteurs comme aux moyens et même à l’exploitation familiale , nous sommes aussi spécialiste dans l’installation des systèmes d’irrigations modernes et adaptés , nous fournissons aussi du semence notamment du mais hybride et du sorgho aralba . Nous avons aussi une service après vente qui s’occupe de la formation pour l’utilisation de nos produits , le dépannage …qui est disponible et qui se déplace un peu partout au Sénégal et dans les pays limitrophes .

    Merci et Bien à vous .

    Cheikh Sow Technico-commercial AGRIPRO Afrique de l’Ouest .
    Tel : 78 153 78 24
    77 044 72 23
    Site web :www.agriproafrica.com/

    Publié par sow | mars 14, 2014, 9:03
    • J’ai parcouru votre site AGRIPOAFRICA, vous proposez une large gamme de produits de qualité qui correspondent bien à la demande de nos producteurs de la Vallée. Il y a un vrai potentiel surtout avec le PRACAS, il faudrait seulement que nos producteurs vous sentent à leurs côtés. Faîtes un tour dans la VFS si vous avez un peu de temps.
      Et Merci encore

      Publié par lavoixdelavallee | mars 14, 2014, 11:18
      • Merci pour votre message monsieur . En effet nous comptons bien faire une tournée dans la vallée du fleuve pour présenté nos produits et cela pour bientôt . Pouvez vous s’il vous plait m’envoyer vos contacts par mail sur cheikhs577@gmail.com .

        Publié par sow | mars 14, 2014, 12:07
  2. quels sont les facteurs qui influencent la non competitivite du riz local face au riz importe ..

    Publié par dossougan aliou | juillet 12, 2015, 12:05
    • Parmi les facteurs, 2 me paraissent cruciaux: il s’agit de la
      -disponibilité du riz blanc: présence régulière au niveau des marchés urbains car intégration au niveau des circuits de distribution
      -accessibilité: par un prix compétitif car les coûts sont maitrisés et par rapport au rapport qualité-prix promu par une bonne campagne marketing
      Les autres facteurs se résument dans l’inefficience au niveau des chaines de valeurs du riz car les conflits d’intérêts sont nombreux et les acteurs ne sont pas spécialisés.

      Publié par lavoixdelavallee | juillet 12, 2015, 9:24

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Entrez votre adresse e-mail pour souscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par email.

Rejoignez 513 autres abonnés

Stats du Site

  • 15,939 visites

Suivez-moi sur Twitter

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :