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Chaine de valeur riz

Le financement intégré pour la chaine de valeur du riz sénégalais

Riz de la valléeAvec des objectifs fixés à 1 600 000 Tonnes de Paddy soit 1 080 000 Tonnes de riz blanc pour, le Sénégal s’est lancé un immense défi pour 2018, celui d’atteindre l’autosuffisance en riz.
Mais cela suppose des efforts à faire dans beaucoup de domaines surtout dans le domaine de la maitrise de l’eau à travers l’aménagement du potentiel en terres irrigables de la VFS (Vallée du Fleuve Sénégal ) situé pour la plupart dans le département de Podor.

Les pouvoirs publics ont eu à réitérer leur intention de doter la VFS d’investissements structurants et de matériels agricoles suffisants. L’équipement de la VFS en matériels agricoles suit son cours avec la ligne de crédit BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) logée au niveau de la CNCAS (Caisse Nationale de Crédit Agricole du Sénégal) et destiné à cet effet.

Mais le nerf de la guerre c’est le financement de la campagne agricole qui est en bonne voie mais reste quand même assez faible. Pour la chaine de valeur riz, l’enjeu est de taille, car au-delà de la problématique de la distribution équitable de la plus value le long de la chaine, il se pose le problème de l’accès au marché et du marketing du riz local. Pour cela, il faut une offre diversifiée d’un riz local de qualité pour construire un avantage concurrentiel sûr, en investissant tous les anneaux de la chaine allant de la définition du produit, la phase de production, la phase de distribution et enfin la mise en marché.

La conjoncture mondiale rendant difficile l’orientation stratégique qui conduirait à cet avantage par la maîtrise des coûts de production, les acteurs de la chaîne ont la possibilité de l’orienter vers la satisfaction des besoins du consommateur (compétitivité structurelle).
Le modèle de financement intégré initié par l’USAID/PCE vient renforcer l’idée selon laquelle un engagement financier de la part des établissements de crédit est indiscutable, de même qu’une spécialisation des acteurs intervenant dans la chaine de valeur riz. Ceci est d’autant important qu’il préfigure une agriculture contractuelle à forte valeur ajoutée et équitable.

La contractualisation base du modèle de financement intégré

A la poursuite de la même logique de financement et d’appui du secteur agricole et celle de la chaine de valeur riz en particulier, l’USAID/PCE  a appuyé techniquement les acteurs industriels, les producteurs et  distributeurs de la VFS afin de promouvoir des modèles de financement intégré qui visent à développer une offre de riz local de qualité qui répond aux exigences du consommateur sénégalais et qui peut à terme concurrencer le riz importé.
Ces modèles sont basés sur des contrats tripartites entre les producteurs de riz regroupés au sein d’OPB ou d’Unions hydrauliques, des structures qui peuvent jouer le rôle de collecteur et de consolidateur de la production et des industriels.
Cette contractualisation tripartite expérimentée dans la phase pilote de différents modèles identifiés, visent avant tout à sécuriser le crédit et à permettre aux producteurs de réaliser la double culture à travers un système de financement sur nantissement de stock. Cette dernière permettra également de garantir pour l’industriel un approvisionnement régulier et suffisant en riz de qualité.

Cependant pour une meilleure efficacité et efficience des modèles de financement intégré, il faut :

La mise à la disposition des exigibles de campagne à temps découle évidement de l’amélioration de l’organisation en interne  et permettra de faciliter la collecte bord champ et surtout de sécuriser le crédit de campagne par la consolidation du stock de remboursement correspondant. La situation de remboursement des OPB (réduction des arriérés de campagne) sera ainsi améliorée, ce qui retardera moins la réception du crédit de campagne accordé sous condition.

Aider les producteurs à mieux gérer leur trésorerie de campagne, qui parait être un aspect primordial sur lequel il faut se pencher. Vue la faiblesse du pouvoir d’achat, les détournements d’objectifs lié au crédit sont assez fréquents car un arbitrage est vite fait en faveur de la satisfaction des besoins alimentaires du ménage. Un suivi individualisé parait être la meilleure solution où la gestion de la trésorerie pourra se faire à travers la mise en place d’un budget de trésorerie.

Mieux planifier les campagnes au niveau des grands périmètres irrigués. Pour bien planifier, il faut bien entendu des machines agricoles (tracteurs et moissonneuses batteuses), des magasins de stockage aux normes. il faut aussi pour les OP gestionnaires de périmètres, pouvoir planifier sur  l’année agricole et non sur une seule campagne (à travers un budget prévisionnel des campagnes).

Une meilleure maitrise des coûts de production du riz paddy par le producteur aura un effet indéniable sur les prix à la production, et ceci ne peut se faire qu’à travers un accompagnement technique et en gestion continu.

Garantir au producteur un bon prix par la multiplicité d’unités industrielles qui peuvent potentiellement jouer le rôle de consolidatrices. Ainsi laisser cours au libre jeu de la concurrence qui peut favoriser un lissage des prix au producteur par le haut.

Eduquer financièrement les producteurs afin de faciliter leurs relations avec les banquiers, et surtout de les rendre plus aptes à comprendre et à décrypter  l’information financière qui leur est fournie.
En somme, tous les intervenants de la chaine de valeur riz doivent être impliqués et doivent s’y retrouver dans  ces modèles qui misent sur entrepreneuriat privé comme levier pour facilité l’accès au marché.  Renforcer le conseil technique et en gestion des producteurs, parait aussi très important pour sécuriser la chaine d’approvisionnement qui doit être le point de départ de tout système de commercialisation. Et enfin les établissements de crédits doivent davantage s’impliquer dans le financement de l’agriculture en s’appuyant davantage sur les structures d’encadrement qui sont à même de leur fournir les conditions pour une sécurisation adéquate des prêts octroyés.
Extrait Analyse économique CGER : AE-HIV 12-13 PCE-CGERV

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Agroéconomiste/Financier

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